Commerce transfrontalier : Le Ghana et le Burkina Faso s’allient pour sécuriser leurs axes routiers stratégiques
Face à la montée des risques sécuritaires et aux menaces pesant sur le transport de marchandises en Afrique de l’Ouest, le Ghana et le Burkina Faso ont officialisé un partenariat stratégique renforçant la protection du couloir commercial Tema-Ouagadougou. Une initiative vitale pour préserver l’approvisionnement des pays enclavés du Sahel.
Le corridor Tema-Ouagadougou : un poumon économique sous pression
L’axe reliant le port ghanéen de Tema à la capitale burkinabè constitue une artère vitale pour les échanges régionaux. Chaque jour, des centaines de camions transportant carburant, denrées alimentaires et matériaux de construction empruntent ce réseau routier pour approvisionner le Burkina Faso ainsi que d’autres pays voisins sans littoral.
Cependant, la détérioration de la situation sécuritaire dans la bande sahélienne et la résurgence d’actes de banditisme armé le long des zones frontalières ont considérablement renchéri le coût du transport et ralenti la fluidité des marchandises. Les transporteurs régionaux ont maintes fois tiré la sonnette d’alarme face aux interruptions de trafic.
Escortes jointes et partage de renseignements douaniers
Pour répondre à cette urgence, les autorités ghanéennes et burkinabè ont convenu de mettre en place un dispositif opérationnel renforcé. Cet accord prévoit le déploiement de patrouilles sécuritaires conjointes, l’organisation de convois escortés pour les camions de fret à haut risque, ainsi qu’une interconnexion accrue des services de douane.
La sécurisation des couloirs de transit n’est pas seulement une question militaire : c’est le garant de la stabilité des prix et de la sécurité alimentaire pour des millions de citoyens.
— Représentant de l’Union des Transporteurs Ouest-AfricainsL’intégration de technologies de suivi électronique des marchandises (tracking GPS) et la numérisation des procédures de contrôle aux postes-frontières de Paga et Dakola permettront également de réduire les temps d’attente tout en traquant les flux financiers suspects.
Préserver l’intégration économique régionale
Cette alliance bilatérale témoigne de la volonté des deux nations de maintenir le dynamisme commercial malgré le contexte sécuritaire complexe. En sécurisant leurs corridors logistiques, Accra et Ouagadougou envoient un signal fort aux investisseurs et s’inscrivent pleinement dans la dynamique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECaF).
Le succès de cette coopération ghanéo-burkinabè pourrait servir de modèle pour d’autres corridors stratégiques de la sous-région confrontés à des défis de sécurisation similaires.
