Maroc, Algérie, Côte d’Ivoire : L’Afrique parie sur les réacteurs SMR pour passer au nucléaire

Face à l’explosion de la demande électrique et aux impératifs de décarbonation, plusieurs nations africaines opèrent un virage stratégique vers l’énergie atomique. En misant sur les petits réacteurs modulaires (SMR), le Maroc, l’Algérie et la Côte d’Ivoire entendent contourner les coûts colossaux des centrales traditionnelles pour accélérer leur transition énergétique.

Infrastructures d'énergie moderne et technologies nucléaires

La révolution des petits réacteurs modulaires en Afrique

Longtemps réservée aux superpuissances industrielles en raison de la complexité et des coûts prohibitifs des grandes centrales de troisième génération, l’énergie nucléaire devient désormais accessible grâce aux SMR (Small Modular Reactors). Ces réacteurs de nouvelle génération, fabriqués en usine et transportables, offrent une puissance flexible allant de 50 à 300 mégawatts.

Pour les pays émergents du continent, cette technologie représente une opportunité inédite de sécuriser leur approvisionnement de base, tout en s’adaptant à des réseaux électriques nationaux parfois limités en capacité d’absorption.

Les SMR redéfinissent l’équation énergétique africaine. Ils permettent d’installer une puissance de charge propre, prévisible et modulaire sans grever les finances publiques de projets pharaoniques.

— Expert en transition énergétique et géopolitique industrielle

Le Maroc et la Côte d’Ivoire en pointe de l’innovation énergétique

Au Maroc, le développement du nucléaire civil s’inscrit au cœur du plan national de dessalement massif de l’eau de mer et de production d’hydrogène vert. En négociant des partenariats stratégiques avec des constructeurs internationaux, le Royaume vise l’intégration de réacteurs modulaires pour alimenter directement ses méga-usines industrielles et sécuriser ses ressources en eau.

En Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire positionne la technologie SMR au centre de son ambition de devenir le hub électricité de la sous-région. Abidjan multiplie les accords de coopération technique et de formation des cadres avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour préparer l’encadrement réglementaire et sécuritaire de cette transition.

L’Algérie consolide son savoir-faire et ses partenariats

Riche d’une expérience de plusieurs décennies dans la recherche nucléaire à des fins civiles et médicales, l’Algérie réoriente sa feuille de route énergétique vers l’intégration des SMR dans son mix national. Le pays entend ainsi préserver ses réserves de gaz naturel pour l’exportation tout en répondant à l’essor rapide de sa consommation intérieure.

Alors que la course mondiale aux technologies nucléaires décarbonées s’intensifie, le pari de l’Afrique sur les réacteurs SMR signale le passage du continent à une autonomie industrielle responsable, à l’avant-garde des solutions énergétiques de demain.