Actifs russes gelés : Suède, Pays-Bas, Espagne et Pologne poussent Bruxelles à financer l’Ukraine
Une coalition de pays membres menée par la Suède, les Pays-Bas, l’Espagne et la Pologne intensifie la pression sur la Commission européenne pour qu’elle franchisse un cap décisif et utilise les actifs souverains russes gelés afin de garantir un soutien financier massif et pérenne à l’Ukraine.
Une offensive diplomatique pour débloquer des fonds massifs
Face aux besoins budgétaires et militaires colossaux de Kiev pour faire face à l’effort de guerre, ces quatre États membres estiment que les solutions actuelles ne suffisent plus. En unissant leurs voix, ils pressent Bruxelles de surmonter les réticences juridiques et techniques pour mobiliser ces avoirs souverains russes immobilisés en Europe. L’objectif affiché est de doter l’Ukraine d’une visibilité financière à long terme sans alourdir indéfiniment les contributions des contribuables européens.
Cette initiative audacieuse ravive les débats au sein du Conseil européen, où certains pays expriment encore des craintes quant aux répercussions sur la stabilité de la zone euro et à la sécurité juridique des marchés financiers internationaux.
Faire assumer à l’agresseur le coût de la reconstruction et de la défense de l’Ukraine via ses propres actifs gelés est une impérieuse nécessité politique et morale.
Analyste en politiques économiques et affaires européennesQuels obstacles sur la route de Bruxelles ?
La mise en œuvre de cette mesure se heurte à des défis colossaux, notamment en matière de conformité avec le droit international et de protection des intérêts financiers de l’Union. Les discussions s’annoncent âprement disputées entre les partisans d’une action radicale et rapide et les défenseurs d’une approche plus prudente pour éviter toute mesure de rétorsion asymétrique de la part de Moscou.
L’issue de ce bras de fer au sommet de l’Union européenne scellera non seulement la capacité du bloc à soutenir durablement l’Ukraine, mais posera également un précédent historique majeur dans l’utilisation des avoirs étatiques sanctionnés.
