Crise de Ceuta : Pedro Sánchez accuse Israël et la Russie de désinformation, Tel-Aviv crie au « mensonge »
Une violente polémique diplomatique éclate entre Madrid, Tel-Aviv et Moscou. En pointant du doigt l’implication présumée d’acteurs israéliens et russes dans la propagation de fausses informations lors de la récente crise migratoire à Ceuta, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a provoqué une onde de choc sur la scène internationale.
Les accusations directes de Madrid
S’exprimant lors d’un point de presse ministériel, Pedro Sánchez a affirmé que l’exclave espagnole de Ceuta avait été la cible d’une campagne de désinformation minutieusement orchestrée sur les réseaux sociaux. Selon les services de renseignement espagnols cités par l’exécutif, des réseaux de propagande liés à des intérêts russes, mais aussi des officines ou relais d’influence basés en Israël, auraient alimenté les tensions pour amplifier les flux migratoires et fragiliser la stabilité politique de l’Espagne.
Cette sortie marque une escalade majeure dans la position de Madrid, qui durcit le ton face à ce qu’elle qualifie d’ingérences hybrides visant à exploiter la vulnérabilité des frontières méridionales de l’Union européenne.
Associer Israël à des campagnes de déstabilisation à Ceuta est un mensonge éhonté et infondé. Nous rejetons avec la plus grande fermeté ces accusations inacceptables qui nuisent aux relations bilatérales.
Port-parole officiel du gouvernement israélienUne riposte cinglante de Tel-Aviv et un front diplomatique tendu
La réplique israélienne ne s’est pas fait attendre. Qualifiant les déclarations de Sánchez de pures affabulations, le ministère des Affaires étrangères à Tel-Aviv a exigé des explications et exprimé sa profonde indignation, dénonçant une tentative de diversion politique de la part de Madrid. Les relations entre l’Espagne et Israël, déjà fragilisées par les prises de position répétées de Sánchez sur le conflit au Proche-Orient, se trouvent ainsi plongées dans une nouvelle zone de turbulences.
Du côté de Moscou, le Kremlin a balayé d’un revers de main ces accusations, les qualifiant de rhétorique russophobe classique. Alors que l’Union européenne observe la situation avec précaution, cet incident illustre à quel point la guerre informationnelle et les frontières de l’Europe sont devenues le théâtre d’affrontements géopolitiques complexes et multidirectionnels.
