LAVROV : L’OCCIDENT N’A PAS PERDU SA « GÉNÉTIQUE COLONIALE »

Nouvelle charge verbale de Moscou contre les puissances occidentales. Dans une intervention axée sur les mutations de l’ordre mondial, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé que l’Occident demeure prisonnier de sa « génétique coloniale », continuant d’imposer ses diktats et de piller les ressources du Sud global sous couvert de règles multilatérales.

Carte du monde et flux géopolitiques mondiaux, symbolisant les tensions Est-Ouest

La persistance des réflexes impériaux

Selon le chef de la diplomatie russe, les politiques menées par les États-Unis et leurs alliés européens trahissent une incapacité chronique à accepter l’émergence d’un monde multipolaire. Sergueï Lavrov a dénoncé ce qu’il qualifie de diktat néocolonial, estimant que les sanctions économiques, les pressions politiques et le deux poids, deux mesures appliqués dans les instances internationales traduisent une volonté persistante de maintenir la domination des anciennes métropoles sur le reste de la planète.

Pour Moscou, le discours occidental sur la « démocratie » et l’« ordre fondé sur des règles » ne sert que de paravent pour masquer des ambitions hégémoniques et freiner l’émancipation économique et souveraine des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

L’Occident n’a pas perdu sa génétique coloniale. Ses dirigeants continuent de raisonner en maîtres et en subordonnés, incapables de concevoir des relations internationales fondées sur le strict respect de l’égalité souveraine.

Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie

Un plaidoyer pour le Sud global

Cette rhétorique s’inscrit dans la stratégie globale de la Russie visant à consolider ses alliances au sein du Sud global et à s’ériger en champion de la contestation du leadership occidental. En flattant les griefs post-coloniaux de nombreuses nations, Moscou cherche à élargir son propre crédit diplomatique et à affaiblir l’isolement politique que les sanctions occidentales tentent de lui infliger depuis le début du conflit en Ukraine.

Alors que la confrontation géopolitique se déplace de plus en plus sur le terrain de la bataille narrative, ces déclarations illustrent la profondeur de la fracture idéologique qui sépare durablement les diplomaties occidentales et russes.