Paralysé par le blocage d’Ormuz, le Koweït voit son économie pétrolière asphyxiée
Totalement dépendant des voies maritimes du Golfe Persique pour écouler son or noir, l’Émirat du Koweït subit de plein fouet la fermeture de facto du détroit d’Ormuz. Privé d’accès alternatif vers le golfe d’Oman ou la mer Rouge, le pays fait face à une crise logistique et financière sans précédent qui menace ses revenus budgétaires.
Un verrouillage maritime aux conséquences dévastatrices
Contrairement à certains de ses voisins comme l’Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis, qui disposent de pipelines stratégiques débouchant directement sur la mer Rouge ou le golfe d’Oman, le Koweït souffre d’une vulnérabilité géographique absolue. Presque l’intégralité de ses exportations de brut et de produits raffinés doit emprunter le détroit d’Ormuz.
Avec l’interruption du trafic maritime due aux vives tensions militaires et aux menaces pesant sur les superpétroliers, les terminaux maritimes koweïtiens de Mina Al-Ahmadi et d’Al-Zour tournent à un rythme dramatiquement réduit.
Le Koweït est le pays du Golfe le plus exposé au blocage d’Ormuz. Sans oléoduc alternatif vers le large, l’accumulation des stocks force déjà la réduction de la production dans plusieurs gisements majeurs.
— Expert financier et analyste des marchés pétroliers au Moyen-OrientRaffineries saturées et production à la baisse
Les capacités de stockage nationales atteignant rapidement leurs limites maximales, la compagnie nationale Kuwait Petroleum Corporation (KPC) a dû ordonner la fermeture progressive de plusieurs puits de pétrole dans le nord et le sud du pays. Les grandes raffineries de l’Émirat réduisent elles aussi leur cadence pour éviter l’engorgement total des cuves.
Cette paralysie industrielle a un impact direct sur les recettes publiques koweïtiennes, dont le pétrole représente plus de 90 % des revenus d’exportation et près de la moitié du produit intérieur brut (PIB).
Un appel pressant à la diplomatie internationale
Face à cette situation d’étranglement économique, le gouvernement koweïtien multiplie les démarches diplomatiques auprès de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et des Nations unies. La monarchie appelle à l’instauration urgente de corridors maritimes sécurisés garantis par la communauté internationale.
Alors que les marchés mondiaux de l’énergie restent sous haute tension, l’asphyxie progressive de l’économie koweïtienne souligne une fois de plus la fragilité extrême des approvisionnements énergétiques mondiaux face aux crises géopolitiques dans le Golfe.
