Canada : La CBC interdit à ses journalistes de qualifier le 11-Septembre « d’attaque terroriste »

Une récente directive éditoriale du radiodiffuseur public canadien (CBC) provoque une onde de choc et une vive polémique. Le réseau a formellement déconseillé à ses journalistes d’utiliser le terme « attaque terroriste » pour qualifier les attentats du 11-Septembre 2001, privilégiant un vocabulaire jugé plus « neutre ».

Microphones de presse, caméras et médias en salle de rédaction

Une quête de neutralité très controversée

Dans un mémo interne qui a rapidement fuité dans la presse, la direction des normes journalistiques de la CBC a demandé à ses équipes de rédaction de privilégier des termes généraux comme « événements », « attaques » ou « tragédie » au lieu de « terrorisme » ou « terroriste ». La chaîne justifie cette consigne par une volonté de maintenir une stricte objectivité journalistique, arguant que le terme « terroriste » peut être perçu comme porteur de jugements de valeur ou de biais idéologiques.

Cependant, cette tentative de lissage sémantique de la part du média de service public se heurte brutalement à la réalité historique d’un événement qui a redéfini le 21e siècle et dont la nature terroriste est internationalement reconnue.

Vouloir aseptiser le langage face à un événement d’une telle nature soulève de graves questions sur la frontière entre la neutralité journalistique et le révisionnisme sémantique.

Expert en éthique des médias et communication

Indignation politique et publique

La révélation de cette consigne a suscité un tollé immédiat à travers le Canada et au-delà de ses frontières. De nombreux responsables politiques, éditorialistes, et associations de victimes ont dénoncé une dérive flagrante du « politiquement correct », la qualifiant d’insulte à la mémoire des milliers de personnes qui ont perdu la vie ce jour-là.

Face à la pression grandissante et aux appels au boycott, la CBC se retrouve sur la défensive, accusée de confondre l’impartialité informative avec l’autocensure. Cette affaire relance le débat houleux sur le rôle, la charte éthique et les limites des médias financés par les fonds publics dans le traitement des faits historiques majeurs.