Israël retire son soutien à la réélection d’Infantino à la tête de la FIFA

Nouveau revers politique pour Gianni Infantino. La Fédération israélienne de football a officiellement retiré son soutien à la réélection du président de la FIFA, rejoignant plusieurs fédérations européennes qui contestent désormais sa gouvernance. Cette décision intervient alors que la FIFA traverse une crise interne majeure après l’abandon d’un projet controversé de commercialisation d’une partie des droits de la Coupe du monde.

Ballon de football sur un terrain avant une rencontre internationale

Israël tourne désormais le dos à Infantino

La Fédération israélienne de football a officiellement retiré son soutien à la candidature de Gianni Infantino pour un nouveau mandat à la présidence de la FIFA. La décision a été annoncée dans une lettre adressée à l’instance mondiale par Moshe Zuares, président de la Fédération israélienne de football.

Selon le courrier rapporté par le Guardian, le conseil de la fédération a pris cette décision à l’unanimité. Moshe Zuares y décrit une « crise de confiance sans précédent » entre les visions défendues par l’UEFA et celles de la FIFA. Il estime que la rupture est profonde et suffisamment importante pour pousser les différentes parties à réexaminer la direction prise par le football mondial.

Les chiffres et faits clés

Décision : retrait officiel du soutien israélien à Infantino

Vote de la fédération : décision annoncée comme unanime

Élection : prévue au Congrès de la FIFA en mars 2027

Projet contesté : cession envisagée de 20 % des droits commerciaux de la Coupe du monde

Une contestation qui dépasse désormais les frontières

Israël n’est pas la première fédération à prendre ses distances avec le président de la FIFA. Ces dernières semaines, l’Angleterre, le pays de Galles, l’Écosse et la République d’Irlande ont également retiré leur soutien ou annoncé qu’elles ne soutiendraient pas sa réélection. La Nouvelle-Zélande a elle aussi retiré son appui.

Le mouvement est particulièrement sensible en Europe. L’UEFA, mais aussi la Confédération asiatique de football et la CONCACAF, ont appelé à un examen indépendant de la conduite et du leadership d’Infantino après la crise liée au projet commercial de la FIFA.

La décision israélienne est donc à lire avant tout comme un nouvel épisode d’une crise de gouvernance beaucoup plus large, plutôt que comme un simple désaccord bilatéral entre Israël et le président de la FIFA.

« Nous n’avons d’autre choix que de retirer notre lettre de soutien précédente. »

Moshe Zuares, président de la Fédération israélienne de football

Le projet commercial qui a déclenché la crise

Au cœur de la contestation se trouve un projet désormais abandonné par la FIFA. Gianni Infantino avait proposé de créer une structure commerciale évaluée à environ 20 milliards de dollars et d’en céder jusqu’à 20 % à des investisseurs privés.

L’opération devait permettre de lever environ 4,2 milliards de dollars. Elle portait notamment sur les droits commerciaux liés à la Coupe du monde et à d’autres compétitions de la FIFA.

Le projet, baptisé FIFA Forward Enterprise ou FFE, a suscité une vive opposition parmi plusieurs responsables du football mondial. Certains ont dénoncé un manque de transparence et un processus de décision trop centralisé autour du président de la FIFA.

Sous la pression, Infantino a finalement abandonné le projet. Mais le retrait de la proposition n’a pas suffi à mettre fin à la crise politique provoquée par son lancement.

Le départ de Kevin Lamour a aggravé les tensions

La crise s’est encore intensifiée après le départ de Kevin Lamour, directeur des opérations de la FIFA. L’organisation a confirmé que sa relation de travail avec lui avait pris fin le 17 août 2026.

Lamour avait publiquement critiqué le projet de commercialisation des droits. Il avait accusé la FIFA d’avoir trompé son personnel sur certains aspects du projet et l’avait décrit comme « le projet d’une personne ».

Sa mise à l’écart a provoqué de nouvelles réactions au sein du football européen. Laura McAllister, vice-présidente de l’UEFA, a notamment estimé que cette décision envoyait un message préoccupant et compromettait les efforts visant à restaurer la confiance dans la gouvernance de la FIFA.

Infantino peut-il encore compter sur une majorité ?

Malgré cette série de défections, la réélection d’Infantino n’est pas encore condamnée. Le président de la FIFA conserve des soutiens importants, notamment en Afrique et en Amérique du Sud.

Plusieurs fédérations arabes ont également réaffirmé leur soutien au président de la FIFA. La Confédération africaine de football a, de son côté, confirmé son appui à Infantino, même si un vote totalement homogène des 54 fédérations africaines n’est pas garanti.

L’équilibre des forces reste donc incertain. Le retrait du soutien israélien est symboliquement important, mais il ne suffit pas à lui seul à déterminer l’issue du scrutin.

Une élection de 2027 devenue beaucoup plus ouverte

Gianni Infantino doit briguer un quatrième mandat à la tête de la FIFA lors du Congrès prévu en mars 2027. Il avait été réélu sans opposition en 2019 puis en 2023.

Cette fois, le contexte est radicalement différent. Plusieurs grandes fédérations ne souhaitent plus le soutenir et les principales confédérations du football mondial sont divisées.

La question de la durée maximale des mandats pourrait également peser dans la campagne. Une organisation de défense des droits humains dans le sport, FairSquare, a demandé au comité de gouvernance de la FIFA d’examiner l’éligibilité d’Infantino pour un quatrième mandat. L’organisation soutient que les règles de la FIFA limitent le nombre de mandats à trois.

À retenir

  • La Fédération israélienne de football a retiré son soutien à la réélection de Gianni Infantino.
  • La décision a été présentée comme unanime par son président Moshe Zuares.
  • Israël rejoint plusieurs fédérations européennes et la Nouvelle-Zélande dans cette contestation.
  • La crise trouve notamment son origine dans le projet de cession d’une partie des droits commerciaux de la FIFA.
  • Kevin Lamour a quitté la FIFA après avoir critiqué publiquement ce projet.
  • Infantino vise toujours un quatrième mandat en mars 2027, mais la course est désormais beaucoup plus incertaine.

Israël et Infantino : une relation déjà délicate

Le retrait du soutien israélien intervient également dans un contexte particulier. Infantino avait consacré une partie de son action diplomatique à améliorer les relations entre les fédérations israélienne et palestinienne.

Lors du Congrès de la FIFA en avril, à Vancouver, le président de l’organisation avait tenté d’organiser une photo commune entre les délégations israélienne et palestinienne. Le président de la Fédération palestinienne, Jibril Rajoub, avait refusé de se tenir aux côtés du vice-président de la fédération israélienne, Basim Sheikh Suliman.

Cet épisode illustre les difficultés auxquelles la FIFA est confrontée lorsqu’elle tente de maintenir une position de neutralité sportive dans des conflits géopolitiques aussi sensibles.

Un nouveau coup dur pour Infantino

Le retrait du soutien israélien constitue un nouveau signal d’alarme pour Gianni Infantino. Il ne remet pas à lui seul en cause ses chances de réélection, mais il confirme la profondeur de la contestation qui s’est installée autour de sa gouvernance.

La crise dépasse désormais le seul projet commercial de la FIFA. Elle touche plus largement à la transparence, à la gouvernance, aux relations entre la FIFA et ses confédérations et à la manière dont les grandes décisions sont prises au sein de l’organisation.

D’ici au Congrès de mars 2027, Infantino devra donc réussir à restaurer la confiance d’une partie des fédérations qui l’avaient soutenu jusque-là. Le temps où sa réélection semblait presque acquise paraît désormais révolu.