RÉSEAUX SOCIAUX : PAS DE COMPTE AVANT 15 ANS, 1H PAR JOUR ENTRE 13 ET 15 ANS, L’UE DÉVOILE SON « KIDS ACT »

L’Union européenne tape du poing sur la table face à la crise de santé mentale qui touche les plus jeunes. Avec le projet de loi « Kids Act », Bruxelles présente un plan radical pour limiter l’emprise des géants du numérique : un bannissement total des réseaux sociaux avant 15 ans et un temps d’écran drastiquement rationné pour les jeunes adolescents, imposant un changement de modèle historique à la Silicon Valley.

Silhouette d'une personne dans le noir éclairée uniquement par l'écran de son smartphone

Une réponse drastique face à l’addiction algorithmique

La recrudescence des cas de cyberharcèlement, des troubles de l’attention et de l’anxiété chez les mineurs a poussé la Commission européenne à accélérer la cadence. Le « Kids Act » instaure une nouvelle donne : les plateformes comme TikTok, Instagram, ou Snapchat seront tenues pénalement responsables si elles laissent des utilisateurs de moins de 15 ans créer et gérer un compte de manière autonome.

Pour la tranche d’âge intermédiaire, comprise entre 13 et 15 ans, le texte prévoit un régime dérogatoire extrêmement strict. L’accès aux plateformes sera conditionné non seulement au consentement explicite des parents, authentifié via les systèmes d’identité numérique européens, mais sera également bridé à une heure d’utilisation par jour, toutes applications confondues.

L’espace numérique doit cesser d’être une zone de non-droit où le cerveau de nos enfants sert de cobaye pour l’économie de l’attention. L’autorégulation a échoué, la loi prend le relais.

Mémorandum de la Commission Européenne

Le défi de la vérification de l’âge sans briser l’anonymat

Outre les limitations de temps, la législation obligera les réseaux sociaux à désactiver par défaut les mécanismes les plus addictifs pour ces comptes de jeunes adolescents : fin du « défilement infini » (infinite scroll), suppression des algorithmes de recommandation personnalisés et interdiction formelle de la publicité ciblée.

La véritable question soulevée par les observateurs de la tech reste la faisabilité technique. Comment vérifier l’âge de millions d’utilisateurs sans exiger de pièces d’identité scannées à tout bout de champ, ce qui contreviendrait au RGPD ? L’UE mise sur l’émergence de « tiers de confiance » certifiés, capables de garantir qu’un utilisateur a l’âge requis (via un jeton de validation cryptographique) sans jamais révéler son identité réelle aux réseaux sociaux. Pour Meta et ByteDance, cette mesure s’annonce comme un séisme financier et structurel.